Edito

Le jeu du Syli, une musique douce et séduisante

Dans un stade archicomble, même loin des sonorités de son terroir, donnez de l’espace à Ibrahima Yattara, ou à Pascal Feindouno et, son imagination aidant, il fera danser à la fois le ballon et les hommes autour de lui.

 

Dans le passé, les talentueux Cherif Souleymane, Maxime Camara, Morciré Sylla, Papa Camara, Petit Sory, Salam Sow, Titi Camara… etc. ont toujours soulevé des stades de par leur génie créateur.

Aujourd’hui, les jeunes Sadio Diallo, ’’meilleur joueur de la meilleure équipe du 1er tour de la CAN 2012’’ selon SoFoot.com, le polyvalent Lass Bangoura, le remuant Abdoul Camara, l’intenable Ibrahima Traoré…etc. sont sur la même lancée : Produire un jeu chatoyant, le football à l’état pur, basé sur la virtuosité technique, sur la mélodie de passes précises, contrôles irréprochables, dribbles chaloupés et accélérations parfaites.

 

À l’image de leurs talents individuels, le jeu des équipes guinéennes parait, lui-aussi, mélodique. Leur performance sur le terrain ressemblerait au rythme d’une musique à la fois douce au début, dansante au milieu et cool à la fin.

 

Ces équipes sont souvent calmes à l’entame du jeu, concédant parfois des buts précoces. Puis, elles se réveillent, effrayent l’adversaire, font du spectacle, ratent trop d’occasions. Enfin, elles ralentissent, relâchent et, (très rarement) défendent. Sachant que leur bémol est la défense, elles préfèrent attaquer, quitte à se bourrer pas mal de buts. Au finish, quel que soit l’issu du match, les spectateurs, eux, auraient eu ce qu’ils désiraient : le show.

 

La réalité du terrain étant quelque chose d’autre, la Guinée, finaliste en 1976, court toujours derrière son premier sacre continental, en Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

 

En CAN 2012, le parcours du Syli a été une grande satisfaction quant au contenu du jeu, malgré son élimination matinale. Les poulains de Dussuyer ont dominé pratiquement tous leurs adversaires mais, comme en football les meilleures équipes ne gagnent pas toujours, ils se sont déstabilisés en perdant le premier match face au Mali.

 

’’Mais les Guinéens sont tombés les armes à la main avec un panache certain’’, a écrit le quotidien sénégalais ‘Le Soleil’, ’’et surtout,… l’Afrique a découvert des jeunes pleins de talents et d’avenir. C’est aussi un plus pour une équipe (Syli, ndlr) et des joueurs qui regardent l’avenir avec confiance’’ a-t-il ajouté.

 

La garantie merveilleuse avec ce Syli, cependant, c’est qu’il pourrait revenir, dans 9 mois, à la CAN 2013, en Afrique du Sud. Il possède les éléments nécessaires pour cela. Nous ne pouvons qu’espérer que la malchance s’éloigne d’eux et qu’elle ne nous met pas, de si tôt, dans un autre tourment, après cette douloureuse élimination en CAN 2012, à Franceville (Gabon).

 

Le roi du jazz africain, le regretté saxophoniste guinéen Momo Wandel Soumah, savait bien souffler dans sa trompette. Son fils du même nom, sait étaler ses prouesses sur la pelouse. À chacun son job. La bonne volonté ne suffit pas, le courage non plus, il faut du savoir faire, de la connaissance. Et, ce qu’un autre jazzman a une fois observé sur les musiciens s’avère aussi pour certains sportifs.

 

’’Les musiciens’’, a dit le King du jazz Louis Armstrong, ’’ne prennent pas leur retraite. Ils s’arrêtent quand il n’y a plus de musique en eux.’’

 

Le leader violoniste des rythmes du Syli, Pascal Feindouno, 30 ans et toujours tonitruant, nous a montré en CAN 2012 qu’il a toujours des sonorités dans ses veines, des gestes dans ses jambes. Et cela, après ses balades dans les pays du Golfe et, surtout, malgré ses perpétuelles habitudes nocturnes.

 

Sur le terrain, son job est de ’’s’installer’’ au milieu du terrain, contrôler le flux du jeu. Le but émerge de ce rôle, à travers ses passes lumineuses qu’il distribue aux attaquants. Il est, comme Cherif Souleymane, comme Papa Camara, un milieu du terrain qui sent le moment d’avancer vers la cage adverse et de marquer.

 

Son talent, ses pieds doués, sont une bénédiction mais, apparemment, il pratique son art avec une attitude indifférente. Raison pour laquelle, il est souvent inconstant dans ses performances.

 

―’’Nul n’est parfait !’’, rétorque un de ses fans.

 

Cependant, un souvenir, un goal de Feindouno, contre l’Algérie (à Alger), lorsqu’il a contrôlé une virgule de Fodé Mansaré, attiré trois défenseurs et charmé le gardien ; son tir à l’entrée de la surface a été le clou de la soirée, posant le ballon dans l’angle du filet.

 

Une musique douce et séduisante, en fait.

 

Moysekou

Guinéefoot©

KUWAIT CITY – Jeudi 08 mars 2012– KW

 

 

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