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Interview avec AKB: anciennes gloires oubliées, co-organisation CAN 2025, brouille Kamano-Traoré-Falette, ASK…

CONAKRY- Dans un entretien qu’il nous a accordé ce mercredi 27 mai, Abdoul Karim Bangoura AKB est revenu sur le dernier développement de l’actualité footballistique Guinéenne.

De la prise en charge des anciennes gloires récemment décidée par le ministère des sports et qui a fait grand bruit en Guinée, en passant par l’idée d’une co-organisation de la CAN 2025 avec le Sénégal, le chef du département formation et développement à la Fédération Guinéenne de football a répondu à battons rompus, aux questions de la rédaction de Guineefoot.

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Sur l’arrêt du championnat guinéen

AKB : C’est une très bonne décision. Le président Mathurin n’a pas attendu longtemps pour prendre ses responsabilités. Avant de parler du football, c’est la santé d’abord. Si elle est menacée, on ne peut pas jouer au football. C’est vrai, il y a des conséquences derrière, mais il faut d’abord être en bonne santé avant toute chose. Donc c’est une très bonne décision, et c’est responsable de la part de la Ligue professionnelle.

Sur le choix polémique des clubs pour la campagne Africaine.

(..Je suis et reste un fervent supporter de l’AS Kaloum..)

AKB : Quand il y a des situations exceptionnelles, il faut aussi des solutions exceptionnelles. On se tourne alors vers les règlements, qui disent que ce sont trois premiers qui se qualifient pour la campagne Africaine, plus le vainqueur ou le finaliste malheureux de la coupe Nationale. Je pense qu’il n’y a pas de polémiques là-dessus.

Je suis et reste un fervent supporter de l’AS Kaloum, et rien ne va le changer. Mais, ça ne sert à rien de faire du bruit pour rien. Certaines personnes profitent de leur problème personnel et estiment que l’ASK devrait faire partie des qualifiés. Il ne faut pas se servir d’une situation pour essayer de polémiquer. Pour moi, c’est normal que ces clubs soient choisis sur la base des statuts. Concernant la polémique sur le choix du CIK, je pense que c’est un choix logique. L’année dernière, c’est le CIK qui a été finaliste malheureux de la Coupe Nationale. Je pense qu’il y a des polémiques, parce que le président Mathurin est président du CIK et de la Ligue. Si c’était un autre, personne n’allait trouver à dire quoi que ce soit.

Sur le partage des 500 mille dollars accordés par la FIFA à la Féguifoot

AKB : Je sais pertinemment que cet argent, c’est uniquement pour aider les clubs, et le football guinéen en général qui a subit beaucoup de coups par rapport à cette pandémie de Coronavirus. Avant même que cet argent n’arrive, le président Antonio Souaré avait fait beaucoup de gestes à l’endroit de la famille du football, surtout que ça tombait pendant le mois Saint de Ramadan. Depuis des jours, le président travaillait sur comment partager cet argent pour que chacun en bénéficie (clubs, ligues, supporters, arbitres, entraineurs…). Je profite de cette occasion pour encore remercier la FIFA pour cette idée salutaire et le président Antonio Souaré et son comité exécutif qui ont pensé aux acteurs du football en ces temps de crise sanitaire.

Sur les 5 millions GNF alloués mensuellement aux anciennes gloires par le ministère

(..Je partage complètement l’avis du ministre Titi Camara..)

AKB : Tout d’abord, je tiens à remercier le gouvernement pour cette reconnaissance vis-à-vis des personnes qui se sont battues dans le sport et la culture, pour honorer le pays. Maintenant la question, c’est de savoir comment ces anciennes gloires ont été choisies. Je partage complètement l’avis du ministre Titi Camara qui s’est levé pour dénoncer la manière de faire. On ne peut pas parler aujourd’hui du football guinéen, sans parler de toutes les générations dont la nôtre.

On ne peut pas parler que de ceux qui ont gagné des trophées. Par exemple, les joueurs du Hafia 77 pour lesquels j’ai un grand respect. Ce sont nos devanciers. Heureusement, l’histoire du football guinéen ne se résume pas au seul Hafia 77. On a la chance d’avoir le premier capitaine du Syli National, qui est encore en vie, Elhadj Dakimbor. Il habite encore à Boulbinet.

C’est des messieurs qu’on doit soutenir et les mettre en lumière, les considérer. Cette idée qui était partie sur une bonne intention de l’Etat, il faut éviter que ça devienne un conflit générationnel.  Maintenant, pour la sélection de la liste, vous préférer quelqu’un qui a joué une minute dans un club,qui a gagné, ou celui qui a fait plus de 100 sélections. Mais il fallait prendre les techniciens, discuter au tour d’une table, pour définir les critères. Tu ne peux pas parler d’anciennes gloires sans parler de Titi, Salam Sow, Morlaye Soumah, Saliou Diallo, Souleymane Oularé, Fodé Caréca, Feindouno, Mansaré, Kemoko Camara. Pour ne parler que de certains de ma génération et ceux qui viennent après. Mais le ministère à travers le directeur nationale des sports Lancinet Kabassan et le SG Fodéba Isto Keira, nous ont promis de rectifier le tir, avant de soumettre au premier ministre…

Sur la co-organisation de la CAN 2025 avec le Sénégal…

(…la Guinée n’est pas prête pour le moment..)

AKB : C’est une idée que le président Antonio Souaré a émis. Il faut savoir ce qu’on veut. Es-ce qu’on veut réellement organiser une CAN ? Il faut se poser la question. Est-ce qu’on est capable d’abriter une coupe d’Afrique à 24 pays alors qu’on avait été choisi pour 16 équipes. Si on tient absolument à l’organiser, on doit respecter le cahier des charges. Se mettre avec tel ou tel pays pour la co-organisation, c’est juste une idée. Mais, ce sont les gouvernements qui décident. Si l’Etat guinéen est d’accord avec son homologue Sénégalais ou avec un autre pays limitrophe, pourquoi pas. En toute sincérité, la Guinée n’est pas prête pour le moment à l’allure où vont les choses. La CAN, ça demande beaucoup d’infrastructures. Mais si, au sommet, il y a la volonté politique, tout est possible. Pour cela, il faudrait se mettre au travail dès aujourd’hui.

Sur la brouille Kamano-Traoré-Falette….Si on les laisse entre eux

AKB : Vous savez, ces garçons sont très vulnérables. Et donc certaines personnes mal intentionnées qui tournent autour d’eux profitent pour les mélanger et créer des tensions. Si on les laisse entre eux, ils finiront se comprendre. La sortie de Kamano n’était pas opportune. Mais, parfois, on commet des erreurs, car ce sont des jeunes. Aujourd’hui, leur objectif devrait être la qualification pour la coupe du monde. Je leur dit ça souvent. Ils doivent écrire leur histoire. Traoré, Kamano, Falette, sont des garçons que j’apprécie particulièrement, car ce sont des gagneurs.

Sur la réduction des primes des joueurs en équipe Nationale

AKB : Comme bons nombres de guinéens, je pense que c’est comme une sanction de la part de l’Etat que je comprends parfaitement. Par exemple, un père de famille qui met tous les moyens à la disposition de ses enfants, ils te ramènent de mauvaises notes. Je pense au-delà de l’aspect financier et matériel, aucune de nos équipes nationales n’a été aussi soutenue par le gouvernement et la population que cette équipe de la dernière CAN. Il y a avait un énorme engouement autour de cette équipe car tout le monde y croyait. Après, il y a eu une grosse déception, mais je pense et j’espère que cette décision de l’Etat n’est pas figée. Si demain l’équipe fait de très bon résultat, tout est renégociable. Il faut le savoir, ce n’est pas en diminuant des primes des joueurs qu’on va avoir forcément de meilleurs résultats

On a appris que vous travaillez sur un projet de sortie d’un livre, qu’en est-il ?

(..l’ingratitude est dans l’ADN du footballeur guinéen..)

AKB : J’ai eu plusieurs propositions venant des amis, et parfois meme de la famille, pour un projet de livre qui retracera ma vie. J’ai commencé à y penser vraiment quand mon ami feu Alimou Camara qui est décédé il y a près de 2 ans (que son âme repose en paix) m’avait fait plusieurs propositions allant dans ce sens. Et depuis qu’il est décédé, je n’arrête pas d’y penser. Donc l’idée suit son cours. Je parlerai forcément de football, car c’est toute ma vie. Mais aussi des footballeurs. Une bonne partie de ce chapitre, sera consacré sur l’ingratitude de certains de nos footballeurs. L’ingratitude est dans l’ADN du footballeur guinéen, malheureusement. Si tu veux te chercher un ennemi, fait voyager un footballeur guinéen en Europe.

Le jour où il va signer son 1er contrat professionnel, tu seras son pire ennemi. Et malheureusement, les 99 pour cent sont comme ça. Si je publie le livre maintenant, certains joueurs risquent d’être en très grande difficulté. Parce que je connais beaucoup de choses que leur employeur actuel ignore. Croyez-moi. Donc, l’intention ce n’est pas de briser la carrière de qui que ce soit. Ce n’est pas le but. C’est raison pour laquelle mes conseillers et moi, prenions tout notre temps à continuer à travailler sur le projet. Donc, le moment venu, et si Dieu le veut, le livre verra le jour.

Sur la lutte contre le Coronavirus..Restez chez vous.

Restons confinés à la maison, respectons les mesures barrières. C’est pour nous protéger et protéger nos différentes familles. Je prie Dieu de protéger l’humanité tout entière de cette sale maladie.

Interview réalisée par Mohamed LAMINE TOURE

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