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Ligue 1: Quatre projets sportifs sous le loupe

Utrecht/Pays-Bas – Si l’on se réfère aux dernières nouvelles concernant certains clubs de la Ligue 1 guinéenne, l’on est tenté d’affirmer que le championnat national de football de première division est sur le point d’entrer dans une phase de développement assez intéressante. Le big 4 (le Horoya, l’AS Kaloum, Le Satellite et l’Athletico de Coleyah) se livre un beau duel à distance sur le plan des politiques sportives.

 

Les présidents de ces quatre clubs disposent de moyens financiers assez importants. L’AS Kaloum l’a d’ailleurs prouvé en cassant la tirelire pour signer un entraîneur de haut niveau qui a déjà conduit une sélection nationale à la plus grande compétition africaine de football. De surcroît, la direction du club de la capitale à relancer plusieurs anciens internationaux guinéens qui étaient carrément aux arrêts en Europe.

 

Le projet de l’AS Kaloum semble être orienté sur les résultats à l’immédiat. Étant donné que l’ASK a fait un début de saison désastreux, les nouveaux responsables qui disposent de moyens financiers illimités ont tout de suite remis le club sur les rails dans le but d’aller à la conquête du titre. Le retour de ces anciens internationaux est susceptible d’avoir un effet positif sur le championnat national. Un joueur tel qu’Ibrahima Camara qui est passé par Parme en série A italienne avant de jouer pour Le Mans et le FC Nantes en France, peut apporter son expérience à tous ces jeunes défenseurs qui ambitionnent de faire carrière à l’étranger. Avec l’apport de ces pros, le niveau de la Ligue 1 pourrait prendre une nouvelle dimension.

 

Revers de la médaille, la présence de ces anciens internationaux au sein de l’effectif de l’ASK risque de barrer la route à tous les jeunes talents. Ces derniers ont besoin de jouer pour progresser car ils représentent sans nul doute l’avenir. Ceux qui sont revenus ne disposent plus, de par leur âge avancé d’une marge de progression évidente en n’entrent pas de facto dans les plans du sélectionneur national. C’est à ce niveau que la politique sportive mise en place par la direction du club de la capitale est discutable. Les sommes faramineuses dépensées auraient pu être investies intelligemment dans la formation et les infrastructures. Le retour de 3 anciens internationaux pour encadrer les jeunots auraient pu être compréhensible et défendable.

 

Il faut le rappeler, Boubah Sampil n’est pas à son premier coup d’essai avec ce genre de projet, sa première tentative avait été une grosse désillusion. Quand Lansana Béa Diallo avait racheté le Hafia, son bras droit à Conakry n’était autre que Boubah Sampil, à l’époque patron du PMU-Guinée. L’actuel président de l’AS Kaloum et Béa Diallo avait réussi à convaincre certains internationaux (Salam Sow, Alsény Keita “Passi”, Ibrahima Sory Conté…) en chômage en Europe à regagner Conakry pour porter le maillot du Hafia. En fin de compte, le projet n’avait pas donné les résultats escomptés. Finalement la collaboration entre les deux hommes avait fini en queue de poisson quand Boubah Sampil à jouer un tour à Béa en tentant de façon illégale de s’approprier du Hafia football club.

 

Le projet du Horoya réjoui les fans

 

Pour l’instant, le projet le plus viable et le plus lisible semble être celui du Horoya AC. La direction de ce club a détaillé récemment le contenu de ce projet orienté vers l’avenir et la formation. S’il se réalise, c’est toute la Guinée qui en récoltera les fruits. Le président du Horoya a révélé que son académie va ouvrir ses portes en novembre prochain. Cette nouvelle a été joyeusement accueillie par de nombreux Guinéens. Aujourd’hui, Seul les académies peuvent permettre aux jeunes talents d’apprendre les fondamentaux et les exigences du football moderne. Si Antonio Souaré ne se laisse pas distraire par tout ce monde qui tourne au tour de lui par intérêt, il pourra avec ce projet tirer le football guinéen vers le haut. Cependant, il serait mieux pour le président du Horoya de rester concentrer sur un projet sans se disperser s’il veut atteindre ses objectifs.

 

JEan jacques grenier L’autre club qui dispose de gros moyens, est celui appartenant au chef d’entreprise Français, Jean Jacques Grenier. L’homme d’affaires est assez riche pour transformer l’Athletico en grand club capable de rivaliser sur tous les plans avec le Horoya et l’ASK.

 

Pour l’instant, tout laisse à croire que Grenier n’est pas prêt à faire les folies à l’image de ces deux concurrents que sont le Horoya et l’AS Kaloum. L’Athletico de Coleyah va actuellement très mal, les résultats en championnat sont catastrophiques. Le tout nouveau directeur sportif du club, Morlaye Soumah Colovatti a du pain sur la planche. Sa première mission consistera à convaincre son patron de mettre les moyens qu’il faut à sa disposition. Une mission qui s’annonce difficile quand on sait que Grenier avait pris à la fin de la saison 2011-2012 des mesures d’austérité pour réduire les dépenses du club. Dans le marché de transferts, le club de Coleyah n’avait pas pesé lourd face à la force d’attraction du Horoya AC. Presque tous les meilleurs joueurs du championnat avaient pris la direction du club de Matam.

 

Le Satellite FC est le quatrième club qui complète le big 4 dont les politiques de gestion diffèrent. Au début du championnat, personne n’avait misé sur cette équipe du Satellite. Tout le monde voyait le Horoya écrasé tout sur son passage. Le tout jeune président du Satellite, Almamy Saidou Sylla qui gère une chaîne d’hôtels à Conakry semble être un homme intelligent. Au début du championnat, il a fait un recrutement sélectif sans faire du bruit. «Il a la particularité d’être proche de ses joueurs et d’être un peu leur père. Il investit sur la scolarité et les soins des jeunes qu’il encadre jusqu’à ce qu’ils arrivent à maturité», souligne un confrère basé à Conakry. Le président du Satellite FC reçoit aussi régulièrement les conseils de l’ancien international guinéen, Thierno Barry.

 

Avec cette nouvelle émulation, seul le football guinéen sortira gagnant. Désormais, les clubs qui investiront moins auront très peu de chances d’attirer les meilleurs dans leurs rangs.

 

Tanou

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