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Parole à nos lecteurs – CHAN 2020, pourquoi il ne faut pas se décourager du Syli National

Mory Sylla ( fan du syli) – Le parcours plus qu’honorable du Syli National local au cours du CHAN 2020 en cours au pays de Roger Milla est une source de bonheur et de fierté « pour l’écrasante majorité » des Guinéens.  Le football Guinéen entre dorénavant dans une nouvelle phase d’ascension irréversible.

Ce qu’il nous faut éviter désormais, c’est prendre des décisions sous le coup des états d’âmes pour sombrer dans les travers du passé. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Du domaine politique, à la culture, jusqu’au domaine lambda, un constat s’impose : le Guinéen n’a pas la culture de la pérennisation, encore moins de l’entretien. Les acquis périssent par manque d’entretien. Sous le moindre coup de sang, tout est saccagé. Ce qui rend malheureusement sisyphéenne toute entreprise de construction pérenne. Un éternel recommencement futile. C’est un trajet dont nous sommes hélas coutumiers. Pour preuve, la majorité des infrastructures ou des unités de production nationales laissées par la révolution de Sékou Touré ont été détruites ou bazardées à vil prix par la génération suivante, inconsciente de son état et de son rôle historique. Au détriment du peuple, le légitime propriétaire.  La litanie des remontrances est sans fin. Disons-le tout net : un changement s’imposait.

Pour ce qui est du football dont je suis un avide amateur, retenons simplement que le nom Syli était synonyme de terreur pour les équipes adverses au cours de la décennie 70, l’âge d’or du football guinéen symbolisé par le triple continental historique du Hafia Football Club de Conakry. Il était bien possible qu’à l’époque les Lions Indomptables du Cameroun ou les Pharaons d’Egypte, septuples champions d’Afrique, à la simple évocation du nom “Syli National de Guinée”’ prenaient la poudre d’escampette ou signaient forfait, sur le champ, pour éviter la furie de la bande à Cherif Souleymane, ballon d’or Africain, qui ne faisait pas dans le détail. Depuis, c’est une traversée interminable du désert en termes de trophée pour le football Guinéen que subit le peuple de Guinée. A l’aune des événements des 5 dernières années de progrès enregistrés par le football Guinéen, une puissante lueur de plusieurs centaines de mégawatts annonce le bout du tunnel.

Je ne connais pas Mr. Mamadou Antonio Souaré, président de la Feguifoot, du moins physiquement. Mais je n’ai pas besoin de le connaître physiquement pour apprécier le travail herculéen que la Feguifoot sous sa direction est en train d’abattre pour hisser le football Guinéen sur le toit de l’Afrique pour un début, et pourquoi pas sur le toit du monde un jour ?

Les fans du Syli doivent faire montre de persévérance.
On se rappelle encore le temps ou le “sommet” du football Guinéen sur la scène continentale se conjuguait en quart de finale sans gloire. Depuis la Coupe d’Afrique de 1976 ou la Guinée atteint la finale de la CAN face au Maroc, le pays de Sékou Touré n’a plus jamais été capable de franchir la barre des quarts de finale dans une coupe d’Afrique. Ce manque de performance a nourri un sentiment de fatalisme au sein des populations amoureuses depuis les temps colons du ballon rond, qui s’étaient résignées à ne plus rêver d’un sacre de leur Syli, convaincues qu’elles étaient, et ceci bien avant le coup de sifflet de l’arbitre pour démarrer le tournoi, que la Guinée’ ne ferait pas long feu. Que le combat de la Guinée’ pour le titre Champion d’Afrique était perdu d’avance.

Avec le nouveau souffle insufflé au football par la nouvelle équipe dirigeante de la Feguifoot, quelque chose est en train de changer en Guinée’. Les joueurs deviennent de plus en plus robustes psychologiquement. Le Syli devient de plus en plus ambitieux et se donne les moyens de ses ambitions.

Le championnat national de football monte en puissance et se professionnalise.

 Des joueurs expatriés ne regardent plus la Ligue 1(le Championnat de Première division) du haut de leurs chevaux. J’en veux pour preuve la présence de plus en plus importante de joueurs expatriés tels les métronomes Burkinabè Aristide Bancé et Ocansey Mandela qui font et ont fait les beaux jours du Horoya AC.

Le football Guinéen monte en puissance

La Guinée se doit d’être fière de ses joueurs locaux et il sied de leur réserver un retour triomphal à la suite de leur parcours très appréciable au CHAN qui a donné une très belle image du football Guinéen au reste de l’Afrique. Le message est clair : il faudra compter avec le Syli sur la scène continentale à partir de maintenant. Le Syli aura désormais rompu avec la figuration. Et pour atteindre cet objectif à portée de main, ce peuple et ses dirigeants sportifs ne doivent pas répéter les mêmes erreurs du passé. Les populations doivent faire violence sur elles même pour accepter que la loi du football dicte qu’il faut forcément un vainqueur à la fin du temps réglementaire. Cela ne veut pas dire que nous devons jeter ces jeunes joueurs dans la poubelle de l’histoire parce qu’ils auraient été incapables de se défaire d’une excellente équipe Malienne pour se qualifier en finale, et éventuellement ramener le trophée’.

J’ai une toute autre opinion.

Je crois que la Guinée a enfin sous sa main une génération de joueurs capables de remporter un trophée Africain majeure dans les 5 prochaines années. Cela passe par le maintien des acquis déjà en place. Il ne faut pas bannir Mory Kanté, pièce maîtresse du milieu Guinéen, pour son carton rouge contre le Rwanda, un facteur qui a handicapé le Syli dans le match crucial contre les Aigles du Mali qui étaient maitrisables par le Syli. Il ne faut pas oublier que Mory Kanté a été un élément clé dans toutes les victoires du Syli jusqu’au match contre le Rwanda. Il faut l’encourager.

Il ne faut pas bannir le virevoltant milieu Morlaye Sylla, auteur d’une performance au CHAN qui fera date. Ne voyons pas Morlaye comme celui qui a raté le penalty de la qualification contre le Mali. N’oublions pas que le jeune Morlaye a été unanimement plébiscité par la majorité des professionnels du football Africain comme une des révélations de ce CHAN.

Il faut célébrer Ousmane Bangoura dit Taribo West préparateur physique du Syli qui a abattu un travail colossal. Nous avons une grande équipe du Syli en gestation.

Kanfory Lappé Bangoura doit être maintenu à son poste. Il a fait un excellent travail avec le peu de moyens à sa disposition. Il est à mon avis l’illustration achevée que la compétence peut bel et bien être endogène en présence d’une volonté inébranlable. Lappé doit continuer à travailler au progrès du football Guinéen et il incombe à la Guinée de valoriser ses éminences locales. Il faut célébrer Lappé aujourd’hui. Maintenant, Tout de suite. Il ne faut attendre que la tragédie ou la mort frappe à la porte pour se lancer dans des hommages farfelus à la mémoire de tel ou tel. Il faut célébrer l’homme de son vivant. Et je suis d’accord avec l’ex-international Guinéen Salam Sow qui a poussé un puissant cri de cœur pour avertir qu’il ne toléra pas d’être célébré post-mortem. Il faut le célébrer maintenant, tout de suite et de son vivant. Il est impératif de rompre avec cette vilaine habitude de ne tresser les lauriers que pour les morts, alors que les morts n’ont que faire de lauriers de pacotille hypocrite.

 La différence entre l’Occident et l’Afrique, c’est que l’Occident a compris très tôt que le progrès est un continuum, une continuité’. Il n’est jamais ex nihilo, sorti de nulle part. Le progrès est le résultat d’un addendum sur des acquis déjà présents.

La Guinée dans son ensemble, et le football Guinéen en particulier, sauront-ils saisir l’essence de cette maxime et l’intégrer dans leur modus operandi ? L’avenir nous le dira.

En attendant, il incombe de féliciter le Syli local, son entraîneur et tout son staff pour leur beau parcours au cours de ce CHAN et réitérer le soutien du peuple à ses guerriers des terrains.

Pour terminer, les supporters Guinéens présents au Cameroun doivent converger le jour de la finale à Douala pour supporter le Mali, tombeur de la Guinée, mais pays frère qui traverse des moments difficiles. Remporter ce trophée apportera, même de manière symbolique, une grande joie au peuple Malien qui n’a que trop souffert. Et qui dit le Mali dit la Guinée, car un illustre Panafricaniste ne disait-il pas un jour que la Guinée et le Mali sont “deux poumons dans un même corps” ? 

La Guinée et le Mali sont en effet les deux poumons d’un même corps Africain et l’air de la joie de la victoire qui passera par le poumon Malien, passera forcément par son alter ego Guinéen d’a côté. 

Bonne chance aux Aigles du Mali. Braves footballeurs vous avez mon soutien total. En avant pour la victoire finale, les Aigles majestueux du Mali.

Mory Sylla, citoyen lambda Guinéen et supporter du Syli

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